L'essentiel en 30 secondes

Après un sinistre, l'expert qui passe chez vous est le plus souvent mandaté et payé par votre assureur : il évalue les dommages pour lui. Vous pouvez faire appel à votre propre expert, l'« expert d'assuré », qui défend vos intérêts. Votre contrat peut prendre en charge tout ou partie de ses honoraires : vérifiez-le avant de signer.

Deux experts, deux mandats

L'expert d'assurance est missionné par la compagnie. Il constate les dommages, recherche leur cause, vérifie qu'ils relèvent bien de la garantie (pour une catastrophe naturelle, le lien avec la sécheresse reconnue par arrêté) et chiffre l'indemnité. Il exerce souvent dans un cabinet indépendant, mais il travaille pour l'assureur qui l'a mandaté : il n'est pas votre conseil.

L'expert d'assuré est celui que vous choisissez et rémunérez. Il examine la maison, analyse les désordres, conteste au besoin les conclusions de l'expert d'assurance et vous accompagne dans la discussion avec la compagnie.

Quand faire appel à votre propre expert ?

Ce n'est pas utile pour chaque sinistre. Ça le devient quand :

  • l'assureur propose de reboucher alors que les fissures sont larges, traversantes ou qu'elles évoluent ;
  • l'indemnité proposée ne couvre manifestement pas les travaux nécessaires ;
  • des désordres associés (portes qui coincent, carrelage fissuré, planchers déformés) n'ont pas été relevés ;
  • la prise en charge est refusée pour un motif que vous contestez, par exemple un défaut d'entretien ;
  • le dossier est complexe : plusieurs sinistres successifs, maison mitoyenne, copropriété.

Ce que prévoit votre contrat

Avant de mandater un expert, relisez vos conditions générales et particulières :

  • Garantie « honoraires d'expert » : certains contrats remboursent tout ou partie des honoraires de l'expert d'assuré, souvent dans une limite exprimée en pourcentage de l'indemnité.
  • Protection juridique : elle peut couvrir l'expertise et les frais d'un recours.
  • Clause d'expertise : la plupart des contrats prévoient qu'en cas de désaccord, chaque partie désigne son expert, puis qu'un troisième expert peut être nommé pour les départager. Le contrat précise qui paie ce tiers expert.

Le déroulé d'une contestation

  1. Demandez par écrit les conclusions de l'expert d'assurance et le détail de l'indemnité proposée.
  2. Mandatez votre expert, par une convention écrite qui précise sa mission et ses honoraires.
  3. Expertise contradictoire : les deux experts confrontent leurs constats, idéalement sur place.
  4. En cas de désaccord persistant : tierce expertise selon votre contrat, réclamation auprès du service client de l'assureur, puis médiateur de l'assurance, gratuit pour vous.
  5. En dernier recours, le juge, qui peut ordonner une expertise judiciaire.

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Documents à rassembler

  • Le contrat d'assurance habitation : conditions générales, conditions particulières, avenants
  • La déclaration de sinistre et l'accusé de réception de l'assureur
  • Les conclusions de l'expert d'assurance et les courriers échangés
  • Des photos datées des désordres, avec un objet pour l'échelle
  • L'arrêté de catastrophe naturelle de votre commune (consultable sur Géorisques)
  • L'historique des travaux sur la maison : factures, attestations d'assurance décennale

Bien choisir son expert d'assuré

  • Une compétence en pathologie du bâtiment, et en particulier en fissures et fondations, plutôt qu'un diagnostiqueur immobilier généraliste.
  • Une assurance de responsabilité civile professionnelle.
  • L'indépendance : il ne vend pas les travaux qu'il préconise.
  • Une convention écrite, avec la mission, le mode de calcul des honoraires et les délais.
  • La connaissance du terrain : les sols argileux d'Occitanie ont leurs pathologies propres.

Et IPB dans tout ça ?

IPB n'est ni un expert d'assurance, ni un expert d'assuré. Un expert du réseau IPB peut diagnostiquer vos fissures ; une fois l'indemnisation obtenue, l'institut choisit le spécialiste de son réseau adapté à la cause des fissures, vérifie ses assurances et coordonne la réparation jusqu'à la réception. Voir notre page fissures de sécheresse et catastrophe naturelle.

FAQ — Expert d'assurance et expert d'assuré

L'assureur peut-il refuser que je prenne mon propre expert ?

Non : vous êtes libre de vous faire assister par l'expert de votre choix. La question est celle de ses honoraires, à votre charge sauf garantie prévue par votre contrat.

Mon expert peut-il assister à la visite de l'expert d'assurance ?

Oui, et c'est souvent utile : les constats sont faits ensemble, et les désaccords apparaissent tout de suite.

Faut-il mandater son expert avant ou après le passage de l'expert d'assurance ?

Les deux sont possibles tant que le dossier n'est pas clos. Avant, il prépare la visite ; après, il répond à des conclusions précises.

Que faire une fois l'indemnité versée ?

Faire réaliser les travaux préconisés, par une entreprise assurée en décennale pour ce type d'ouvrage. Gardez la facture et l'attestation d'assurance : elles comptent en cas de nouveau sinistre ou de vente.

Ce qu'il faut retenir

  • ✅ L'expert d'assurance travaille pour l'assureur, pas pour vous
  • ✅ L'expert d'assuré défend vos intérêts ; vérifiez si votre contrat prend en charge ses honoraires
  • ✅ Désaccord : expertise contradictoire, puis tierce expertise, réclamation et médiateur
  • ✅ Choisissez un expert qui ne vend pas de travaux, pour qu'il défende vos seuls intérêts